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Tri à sens unique

  • Photo du rédacteur: The Nest
    The Nest
  • 14 déc. 2025
  • 3 min de lecture

J’ai un côté St Bernard, un instinct de sauveuse. D’ailleurs, j’ai longtemps cru que ma mission était de sauver, d’apaiser, de réconforter. C’est plus fort que moi ! J’ai l’œil pour repérer celui qui semble perdu ou triste. Je tends la main, je prends des nouvelles, je console. Je donne sans compter, jusqu’à m’oublier. Je suis focalisée sur la souffrance de l’autre. Je donne tellement que je ne vois pas tout de suite que je suis seule à porter la relation.



J’ai eu énormément de relations à sens unique. Trop. Et souvent, je m’en suis rendu compte trop tard. Ce n’est pas une révélation soudaine, c’est un constat qui s’installe : j’arrête d’appeler… et personne ne rappelle. Le lien ne repose que sur mon initiative : quand je cesse d’alimenter la relation, elle s’éteint. Silence en retour, absence. Une relation à sens unique. Et cette relation, elle a un prix. Un prix trop lourd : l’épuisement, la frustration, la sensation d’être invisible.


Ce que j’ai pris pour de la générosité était parfois une peur. Peur de décevoir, peur d’être abandonnée, peur de ne pas mériter l’affection. Cette peur m’a conduite à m’oublier, à m’effacer, à disparaître dans des liens où je n’étais pas vue, pas choisie, pas accueillie.

J’aimerais pouvoir dire que j’ai su poser mes limites assez tôt. J’aimerais dire que j’ai su reconnaître les signes. Mais non. J’ai appris dans la douleur. J’ai appris dans l’usure. J’ai appris dans le ras-le-bol. J’ai appris en me réveillant un jour avec sensation étrange d’avoir été là pour tout le monde, sauf pour moi.

Je pensais être forte. Je pensais être généreuse. Je pensais en avoir assez pour deux. En réalité, je me détruisais.


Hier j’évoquais le tri des liens. Aujourd’hui, je continue ce tri. Les relations aussi se trient. Je le sais maintenant. Je l’ai appris à travers l’usure, les silences.

Il y a ces relations qui m’ancrent et m’élèvent. Celles qui me voient. Celles où on s’offre mutuellement présence et douceur, où l’on se soutient sans se sauver. Celles-là, je les conserve.

Et il y a celles qui prennent sans donner, celles qui n’ont de sens que dans un seul sens. Celles qui me vident, m’épuisent, ou me rappellent celle que j’étais : celle qui croyait devoir sauver pour être aimée. Celles-là, je m’en déleste. Je ne garde plus ce qui me vide. Je ne m’accroche plus à ce qui ne répond pas.

Enfin, il y a celles que je veux attirer : des liens simples. Des liens réciproques. Des liens vrais. Des relations où l’on respire, où l’on se choisit. Celles-là, je les renouvelle.

 

Je ne veux pas me renier. J’aime aider les gens, être présente pour eux. C’est une part de moi que j’apprécie. C’est une part de moi que je respecte profondément. Mais aujourd’hui, j’apprends à le faire avec sagesse, pour des personnes qui me voient, qui me choisissent.

Ce tri c’est la déclaration d’une personne qui évolue, une personne qui ne veut plus se perdre dans des liens flous, déséquilibrés, opaques. Une personne qui aspire à des relations plus saines, plus en phase avec ce qu’elle devient.

 

Aujourd’hui, je choisis des relations qui me choisissent, des relations où on se choisit. Mutuellement. Sincèrement. Simplement.

A la fin, il reste moins de liens. C’est vrai. Mais, ils sont vrais. Légers. Authentiques. Comme des bulles d’air après une longue période d’apnée.


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