Merci. Et maintenant ?
- The Nest

- 24 déc. 2025
- 2 min de lecture
Et voilà, nous y sommes, c’est le jour du déménagement.
La nuit a été courte, entrecoupée de rêves où se mêlaient passé et avenir. Toute ma vie est là, emballée dans des cartons. Ils contiennent mon présent… et un peu de mon futur.

J’ai choisi les souvenirs qui m’accompagnent. Je me suis libérée de ceux qui me pesaient encore, sans que je le sache. Je me sens légère. Mais il y a aussi ce petit pincement au cœur, ce frémissement qu’on ressent quand on ferme une porte en sachant qu’on ne reviendra plus.
Je regarde ces cartons. Ils portent l’ampleur des choix que j’ai faits et tout ce qu’ils signifient pour demain. Puis je regarde cet appartement avec douceur, et gratitude. Gratitude pour ce lieu que j’ai imaginé selon mes envies, mes goûts, mes rêves d’alors. Celui que j’ai façonné à mon image. Celui qui a été mon premier acte de foi, le projet le plus fou dans lequel je me suis lancée, sans préparation, juste avec l’élan du cœur.
Je parcours chaque pièce, une dernière fois.
La chambre. Ma chambre. Des souvenirs de nuits paisibles et de nuits blanches m’envahissent. Les rêves d’ailleurs, de carrière, d’amour.
Le salon. Je revois mon canapé vert. Je revis mes siestes du dimanche après-midi, le soleil braqué sur moi en plein hiver, ma playlist « Daydreaming songs » en boucle.
Et la cuisine. L’audace derrière ce frigo vert et cette poubelle rose. Le souvenir d’une focaccia partagée.
Ce n’est pas de la nostalgie. C’est de la gratitude.
Je contemple l’état dans lequel je le laisse, dix ans plus tard. J’y ai vécu, j’en ai pris soin, je l’ai chéri, je l’ai aimé. Je regarde mon paillasson et je souris**. Je souris à cette espièglerie qui m’accompagnait, encore là aujourd’hui.
Je n’ai pas changé. J’ai grandi. Et maintenant, une nouvelle page s’ouvre.
Je ferme la porte. Et pour la première fois, je ne fuis pas. Je vais simplement là où je deviens. J’avance vers moi.
** Sur mon paillaisson il est écrit : "ne cherchez pas, nous ne sommes pas là-dessous" – ce sont les clés qui parlent





Commentaires