Le tri du cœur
- The Nest

- 15 déc. 2025
- 2 min de lecture
Je me suis souvent demandé ce que les gens ressentaient pour moi avant de me demander ce que moi je ressentais pour eux. En amour comme en amitié, cette inversion m’a longtemps accompagnée.
En amour, mon manque de confiance m’a souvent conduite à me sentir attirée par l’autre simplement parce qu’il avait montré de l’intérêt pour moi. Je ne réalisais mes propres sentiments que bien plus tard, parfois trop tard…

Une scène de "Love is Blind" m’a rappelé cette sensation. Une des participantes semblait complètement perdue.
Au départ, elle se plaignait auprès des autres de son prétendant. Elle trouvait qu’il en faisait trop. Elle n’avait pas l’habitude d’être traitée avec autant d’attention, et cela la mettait mal à l’aise. Lors d’un rendez-vous, il lui a préparé une surprise et lui a ouvert son cœur. Elle qui hésitait encore est devenue subitement sûre de ses sentiments pour lui.
Mais peu après, un autre participant avec qui elle avait aussi tissé un lien fort lui a offert un bouquet de fleurs, et s’est lui aussi déclaré. Elle est redevenue perdue.
Je regardais ses réactions, j’écoutais ces mots, et je me revoyais dans des situations similaires. Elle ne savait plus ce qu’elle ressentait, parce qu’elle ne s’était jamais vraiment posé la question. Elle se laissait guider par les sentiments des autres, par leur intensité, par leur mise en scène.
Et cette confusion m’était familière.
Moi aussi, j’ai souvent cherché à savoir ce que l’autre pensait de moi avant de m’autoriser à ressentir quoi que ce soit. Je craignais de me dévoiler, de me montrer vulnérable, d’être rejetée.
Alors je restais en retrait, en attente d’un signe, d’une validation, d’un feu vert émotionnel.
Et puis un jour, j’ai sauté le pas.
Dans mes relations amicales, amoureuses, j’ai commencé à me poser une autre question : qu’est-ce que je ressens, moi ? Comment je me sens avec cette personne ?
Et en fonction de la réponse, j’ai avancé ou je me suis retirée.
J’ai compris que s’aimer soi-même, ce n’est pas se choisir à la place de l’autre.
C’est se choisir avant de choisir l’autre.
C’est apprendre à s’écouter, à se reconnaître, à se respecter.
Et c’est peut-être là que commence toute relation sincère : non pas dans le regard de l’autre, mais dans la clarté du nôtre.
Dans mon Grand tri de l’Avent, je conserve cette question précieuse : Comment je me sens, moi, dans cette relation ?
Je mets de côté la peur de ne pas plaire, de ne pas être choisie, de ne pas être assez.
Je renouvelle mon engagement à m’écouter avant de m’adapter, à m’aimer avant de me donner, à me reconnaître avant de me perdre.





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