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Le tri des liens

  • Photo du rédacteur: The Nest
    The Nest
  • 13 déc. 2025
  • 3 min de lecture

Je suis une solitaire dans l’âme. Plus jeune, au collège puis au lycée,  je passais les récréations à observer les autres. Les écouter, les regarder, me suffisait. C’était mon théâtre quotidien, et cela me divertissait. Ce n’est que plus tard, avec l’arrivée des séries comme Beverly Hills, que j’ai commencé à me dire qu’il me faudrait peut-être, moi aussi, avoir une bande d’amis pour faire comme les autres. Pas parce que j’en ressentais le besoin, ni même l’envie! Mais parce que cela m’épargnerait les questions gênantes comme : « Pourquoi tu n’as pas d’amis ? », « Pourquoi tu es toujours dans ton coin ? »



Alors j’ai fait comme tout le monde. J’ai eu une meilleure amie, un meilleur ami. Est-ce que c’était réciproque ? Je n’en suis pas certaine. On dit qu’on ne choisit pas sa famille, mais qu’on choisit ses amis. Certains disent même que leurs amis sont la famille qu’ils ont choisie. Avec le recul, je réalise que je n’ai pas toujours choisi mes amis. Souvent, ce sont les circonstances qui les ont choisis pour moi. Et je m’en suis accommodée.

Parfois, une personne qui avait besoin de moi à un moment de sa vie devenait mon ami(e). D’autres fois, c’était quelqu’un qui m’avait tendu la main dans une période difficile. Alors, par reconnaissance, je l’intégrais dans mon cercle. Mais ces relations, bien souvent, n’étaient que de passage. Elles évoluaient ; soit parce que leur situation changeait, soit parce que moi aussi je changeais. Et avec ces amitiés de circonstance, j’ai connu des déceptions. J’ai compris que certaines personnes que je considérais comme des amis… ne l’étaient pas vraiment. C’étaient des présences transitoires, des compagnons de route pour un bout de chemin.


Je repense souvent à cette métaphore de Tyler Perry sur les relations. Il dit que les gens dans nos vies sont comme les parties d’un arbre : certains sont des feuilles, d’autres des branches, et quelques rares sont des racines.

Les feuilles sont là pour une saison. Elles offrent un peu d’ombre, un peu de beauté, mais dès que le vent tourne, elles tombent. Les branches sont plus solides, elles tiennent un peu plus longtemps, mais si on s’appuie trop fort, elles peuvent casser. Et puis il y a les racines. Invisibles, silencieuses, mais essentielles. Elles nourrissent, elles soutiennent, elles tiennent bon dans la tempête. Elles ne cherchent pas à être vues, elles sont là pour que l’arbre tienne debout.


Longtemps, j’ai eu du mal à accepter que certaines relations ne durent pas. Je culpabilisais. J’avais l’impression de lâcher les gens. Mais aujourd’hui, je comprends que ce n’est pas un abandon. C’est un cycle tout comme les saisons. Certaines amitiés sont faites pour fleurir, puis faner. Et c’est normal.


Ce Grand Tri de l’Avent, je l’applique aussi à mes liens. Je regarde mon arbre intérieur. Je remercie les feuilles pour leur passage, les branches pour leur soutien temporaire. Et je me tourne vers mes racines. Celles qui m’ont tenue debout sans bruit. Celles que je choisis aujourd’hui de nourrir à mon tour. Parce qu’au fond, trier ses relations, ce n’est pas rejeter. C’est reconnaître, c’est faire de la place. C’est dire : je me choisis aussi.

 

Je conserve les racines. Ces liens discrets mais profonds, qui m’ont tenue debout sans bruit, sans condition. Ceux qui ne demandent rien pour exister, mais qui répondent toujours présents.

 

Je mets de côté les amitiés de passage, sans amertume. Celles qui ont eu leur saison, leur beauté, leur fonction. Je les remercie pour ce qu’elles ont été, et je les laisse là où elles appartiennent : dans le passé.

 

Je renouvelle ma manière d’entrer en lien. Je choisis la clarté plutôt que l’implicite, la qualité plutôt que la quantité, l’authenticité plutôt que l’obligation. Je me choisis aussi, dans mes relations.


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