Lire pour grandir
- The Nest

- 20 déc. 2025
- 3 min de lecture
Cela peut paraître contradictoire, je n’aime pas lire. Plus jeune, ma première activité extrascolaire était la bibliothèque. Tous les mercredis et samedis après-midi, ma mère nous déposait à la bibliothèque, mon frère et moi. C’était les deux heures les plus longues de ma semaine. Mon frère semblait aimer ça. A peine arrivé, il prenait des livres, s’installait et les dévorait. Quel plaisir y trouvait-il ? C’est la question que je me posais alors que de mon côté, j’arpentais la bibliothèque, m’arrêtant de temps à autre pour feuilleter quelques BDs, Boule et Bill en particulier, car je trouvais ça léger, drôle et facile à lire. Nul besoin de lire toutes les pages pour comprendre l’histoire. J’en lisais le début, le milieu et la fin, avant de passer à autre chose. Je tenais difficilement sur ma chaise. Deux heures, c’était beaucoup trop long pour moi. Ca m’ennuyait d’y être. Je m’ennuyais. J’avais besoin d’être active.

Quand venait le moment de rentrer à la maison, chacun de nous empruntait des livres. En général, je les prenais pour faire comme mon frère. Une fois arrivée à la maison, je les posais à un endroit, et ne les reprenais que deux semaines plus tard, au moment de les rapporter à la bibliothèque. J’en donnais l’illusion, mais je ne les ouvrais presque jamais.
Mon aversion pour la lecture me surprenait beaucoup. La chambre de ma mère regorgeait de livres de tous genres, le bureau de mon grand-père également, mon frère adorait lire. Pourquoi étais-je l’exception ?
Au lycée, j’ai choisi un cursus littéraire. Paradoxal, n’est-ce pas ! Nous avions plusieurs œuvres au programme, des fiches de lecture à produire. Impossible de me contenter de n’en lire que le début, le milieu et la fin. Je n’avais pas d’autre choix que de les lire intégralement. Je me suis même surprise à y prendre plaisir parfois. Pour autant, puis-je dire que j’aimais cela ? Pas vraiment…
En général, lorsque je lisais, c’était pour les cours, des formations, dans l’avion pour m’occuper et m’endormir. Avec le temps, il m’est arrivé parfois de me forcer à lire. Je me fixais des objectifs de lecture, notamment un livre par mois. Mais ça ne durait jamais vraiment longtemps. La dernière fois que cela s’est produit, j’ai lu trois livres et je me suis arrêté.
Lire ne m’a jamais passionnée. Mais parfois, je me surprends à y trouver du plaisir quand les mots sont bien choisis, quand les histoires me captivent, quand l’humour s’invite dans les pages.
Je lis par nécessité, parfois par curiosité, rarement par envie Pour enrichir mon vocabulaire, éveiller ma créativité, nourrir mon imagination.
Je m’étais aussi promis de lire davantage la presse. Pas pour débattre, non. Je n’aime pas les joutes verbales, surtout quand elles mènent nulle part. Mais pour comprendre, m’informer, pour élargir mon regard. Pas forcément pour avoir un avis, mais pour savoir. Savoir ce qui se passe, savoir que les autres pensent, savoir ce que je veux en penser.
Lire c’est une façon de grandir, de s’ouvrir. Lire c’est une façon de nourrir cet état d’esprit de croissance que je cherche à cultiver.
Alors pour aujourd’hui, je ne trie pas un objet. Je ne me sépare de rien. Je fais de la place. Je créé un espace pour une habitude que je n’ai jamais vraiment eue. Un espace pour la lecture.
Je ne la rejette pas. Je ne la force pas. Je choisis de l’apprivoiser, à mon rythme, à ma manière.
Et vous, aujourd’hui, pour quoi décidez-vous de faire de la place ? Quelle habitude aimeriez-vous accueillir dans votre vie ? Qu’est-ce qui mérite un peu d’espace ?





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