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Le tri du pardon

  • Photo du rédacteur: The Nest
    The Nest
  • 18 déc. 2025
  • 2 min de lecture

Récemment, je vous ai parlé de mon sac à dos plein d’attentes. Avec les attentes non comblées, viennent souvent les déceptions, les frustrations. Il m’est arrivé d’en vouloir à certaines personnes, parce que j’avais placé en elles des attentes que je n’avais jamais exprimées, des attentes parfois irréalistes.



J’ai beau dire « j’ai lâché prise », « ça m’est égal ». Mais ce n’est pas vrai... Au fond, même sans colère, la déception reste là, silencieuse et lourde. Elle est pire que la colère, plus tenace. Elle est sourde, insidieuse, discrète. Elle ne crie pas, elle ronge.

Quand je suis déçue ou blessée par des proches, la déception ne dure que le temps de l’absence. Dès qu’on se retrouve, dès qu’on parle, je range tout ça dans un tiroir et je passe à autre chose. Mais je n’oublie pas…

Je m’en suis rendu compte grâce à mon frère. Il a souvent du retard, ça fait partie du personnage! Ce jour-là, nous avions rendez-vous pour le déjeuner, et il était en retard. Je le lui ai fait remarquer. Puis sans prévenir, j’ai énuméré toutes les fois où il avait été en retard, comme si je tenais une liste quelque part dans ma tête. Ça semblait si frais, alors que c’était si loin. Il m’a regardé, un peu surpris, et m’a lancé avec ce sourire taquin en disant :

« pardonner c’est oublier ».  Je me suis demandé pourquoi je gardais tout ça.


C’est vrai. Je n’oublie pas. Et ce n’est pas volontaire. Je mets de côté l’agacement, la colère, la déception. Je les range dans un tiroir pour plus tard, pensant qu’elles disparaîtront d’elles-mêmes. Mais elles ne disparaissent pas, elles s’accumulent.

Alors pardonner prend un autre sens pour moi. Pardonner c’est reconnaître que quelque chose m’a blessée, c’est reconnaître que j’ai été déçue. Pardonner c’est choisir de ne plus porter cela. C’est comme ouvrir ce tiroir où se sont entassés les soupirs, les « j’aurais aimé », les non-dits et décider le vider. Vider ce tiroir et déposer dans un carton ce qui appartient au passé.

Je pense à ceux qui m’ont déçue, parfois sans le vouloir, à ces silences qui m’ont heurtée, à ces promesses non tenues, à ces gestes que j’attendais et qui ne sont jamais venus. Je dépose tout cela dans le carton du pardon. Non pas pour eux, mais pour moi, pour faire de la place et avancer plus légère.


Et puis, il y a moi. Moi qui ai été trop exigeante, trop critique envers moi-même. Moi qui me suis jugée sévèrement pour chaque erreur, chaque échec, chaque imperfection. Ces mots durs, les plus sévères, que je me suis infligée, je les dépose aussi dans ce carton.

J’apprends que se pardonner à soi-même c’est reconnaître que je fais de mon mieux avec ce que j’ai, ce que je peux, ce que je sais, ce que je suis. C’est me regarder et me traiter avec la douceur que j’essaie d’offrir aux autres. Et doucement, à mon rythme, je vide cette pièce. Je fais de la place. Je deviens plus légère.


1 commentaire


Laetitia
18 janv.

Tellement important de savoir pardonner aux autres et à soi même...

Merci pour ce rappel Roseline !

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