top of page

Le tri des souvenirs

  • Photo du rédacteur: The Nest
    The Nest
  • 5 déc. 2025
  • 2 min de lecture

Je me suis séparé de mon fauteuil rose. Une décision difficile, mais nécessaire. Ce n’est pas le seul objet du passé dont je dois me séparer.


On a beau se dire que les objets ne sont que des objets, ils sont chargés d’histoire, de  souvenirs, bons ou mauvais, joyeux ou douloureux ; ils revêtent des significations multiples. On s’y attache. Et en réalité, ce n’est pas l’objet auquel on est attaché, c’est le souvenir qu’il contient. Plus on s’y accroche, plus il est difficile de s’en libérer. Parfois, le simple fait de conserver l’objet maintient ce lien invisible au souvenir.


J’aime les peluches. Une en particulier. Cet ourson gris au nez bleu. Je l’adore ! J’en ai 2 ou 3… J’en aurais plus si je ne me retenais pas… La première fois que je l’ai vu, il a parlé à mon cœur. Gris, avec ces coutures grossières sur le front, comme s’il avait été rafistolé… Comme une cicatrice qu’il portait. Un jour j’ai lu son histoire... Il porte en lui une blessure, une réparation, comme chacun de nous. Peut-être est-ce pour cela qu’il me touche autant : il parle de fragilité assumée, de cicatrices, de résilience discrète. 

Mais je m’égare!

J’aime cet ourson. C’est le cadeau qui me fera toujours plaisir, et c’est celui que j’offre à des personnes spéciales, sous forme de carte, de peluche, de clin d’œil. Il y a peu, j’ai pensé qu’il serait parfait pour une personne. J’y ai mis du cœur, comme on glisse un morceau de soi dans un présent. Mais parfois, les objets ne trouvent pas la place qu’on leur imagine. Ils restent là et deviennent autre chose : un rappel, une trace, une histoire qui continue.

Alors j’ai décidé de m’en séparer. Ce n’est pas seulement de mon ourson tout doux que je me défais, c’est du fil invisible qui me relie à mon intention, à une personne, à un moment précis. Parce que garder l’objet, c’est garder l’attente, c’est entretenir l’illusion, inconsciemment. Le laisser partir c’est accepter que certaines histoires ne s’écrivent pas comme prévu.


Se séparer d’un objet du passé, c’est se défaire d’un souvenir, c’est lui donner une autre forme, plus apaisée. C’est aussi faire de place pour ce qui vient.

Alors je regarde cet ourson une dernière fois, et je le dépose ailleurs, non pas pour oublier, mais pour avancer. Je m’en défais pour me délester d’un poids invisible. Et dans ce vide, il y a la promesse d’un nouveau souffle, d’une histoire qui commence.

 

Je conserve la tendresse, la symbolique, la capacité à offrir un morceau de moi avec justesse.

Je me sépare du fil invisible qui relie l’objet à une attente, une illusion, une histoire figée.

Je renouvelle mon rapport aux objets : je choisis ceux qui accompagnent, pas ceux qui retiennent.



2 commentaires


Invité
05 déc. 2025

Beau souvenir d'un objet Doux

J'aime
The Nest
The Nest
05 déc. 2025
En réponse à

Merci 😀

J'aime
Logo Les Chroniques du Nid

© 2018 The Nest. Créé avec Wix.com

bottom of page