Le tri de la transformation
- The Nest

- 1 déc. 2025
- 3 min de lecture
Depuis plusieurs mois, mon appartement ressemble à un entrepôt. C’est nouveau pour moi! Mes placards débordent. Les cartons et les valises s’empilent dans le salon, jonchent le sol. Les chaises ont perdu leur fonction première : elles sont devenues des étagères improvisées. Dans la cuisine, même constat : le plan de travail est saturé ; le seul espace encore disponible, c’est la plaque de cuisson… et quelques centimètres autour.
Il n’y a plus de place. Ni chez moi, ni en moi.

Ce trop-plein, partout, tout le temps, finit par créer une forme d’immobilisme. Je ne sais plus par où commencer, alors je ne commence pas. Je contourne les cartons, je continue d’empiler les objets, je repousse les décisions. Et chaque jour, je me dis : “Je m’en occuperai demain.” Mais demain ne vient jamais. Et pendant ce temps, mon espace ne respire plus. Moi non plus…
Alors il faut que je m’y mette! Je ne peux plus attendre! Je dois faire de la place. Cet encombrement extérieur est devenu le reflet exact de mon état intérieur : saturé, dispersé, brouillé.
Je dois faire de la place!
Je l’ai réellement compris l’autre jour en cherchant mon pull vert. Il m’a fallu ouvrir trois valises, fouiller dans un placard et vider un carton avant de le trouver. En me voyant ainsi, à genoux devant mes affaires, j’ai réalisé que ma pensée fonctionnait pareil. Tout est là, mais rien n’est accessible. Mes idées sont enfouies. Ma créativité est en berne. Mes mots se perdent sous les décombres
Il est temps de commencer mon tri.
Même si le déménagement n’a pas encore lieu, je dois avancer.
Ranger c’est créer de l’espace dans mon lieu de vie… mais aussi dans ma tête.
J’en parlais récemment avec mon cousin : parfois, l’encombrement de notre espace créé un encombrement de notre esprit. Plus on libère de la place autour de soi, plus le paysage intérieur s’éclaire. Et c’est exactement ce qui m’arrive.
Toutes ces affaires obstruent ma vue. Mais à mesure que je range, le brouillard se dissipe. J’y vois plus clair. Je retrouve mes idées et, avec elles, l’envie de créer.
Enfin, je sais par où commencer, comment organiser mon tri. Je sais ce que j’ai envie de garder et ce dont je veux me séparer. La montagne me semble moins haute. Il y a du travail, oui. Mais ce n’est plus insurmontable. Il suffit d’y aller. Un geste à la fois. Un peu chaque jour.
Je déménage. Je vais habiter un nouvel endroit. C’est un projet que je prépare depuis de nombreux mois, physiquement, émotionnellement mentalement. Je le vis autrement que les précédents. Ici, il ne s’agit pas seulement de se débarrasser de ce qui est vieux, inutilisé ou inutilisable. C’est plus que ça.
C’est le tri qui chamboule, le tri qui libère, le tri soulage. C’est le tri qui clôt un chapitre dont je n’avais pas mesuré le poids, pour en ouvrir un nouveau que je découvre encore.
Je conserve… les objets et les repères qui me nourrissent encore, qui ont une place dans mon quotidien.
Je mets de côté… ce qui encombre sans m’apporter, ce qui m’empêche de respirer ou d’avancer.
Je renouvelle… mon espace, pour qu’il redevienne vivant, accueillant, capable de soutenir mes projets et mes élans.
Alors mes chers gazouilleurs… restez avec moi. Vivons ensemble ce déménagement, ce tri, cette transformation.





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