top of page

Les petits pas

  • Photo du rédacteur: The Nest
    The Nest
  • 9 sept. 2018
  • 3 min de lecture

J’ai toujours été une personne réservée. Rectification, j’étais une personne timide et je suis devenue réservée. Vous voyez la différence? Vous vous dites peut-être c’est la même chose, ou quelle différence ça fait ! Eh bien c’est là le cœur de mon billet du jour! Je ne prévois pas de faire une leçon de vocabulaire. J’ai surtout envie d’insister sur cette subtilité, la distance entre timidité et réserve, parfois si difficilement perceptible qu’on ne se rend pas compte qu’il y a une évolution entre les deux.

Les petits pas...

Avant il m’était absolument impossible d’aller vers les autres, de faire le premier pas. Lorsqu’une personne démarrait une conversation par une question fermée, il y avait de fortes chances que je réponde uniquement à la question, à savoir par oui ou par non. Pour peu que la personne ne soit pas un minimum curieuse d’en savoir plus, persévérante, pour peu qu’elle n’ait pas envie de passer outre ce mur, la conversation s’arrêtait là. C’est encore le cas aujourd’hui, je ne réponds qu’aux questions qu’on me pose; en d’autres termes, si la question n’appelle qu’un oui ou un non, je suis capable de ne pas développer au-delà de cette réponse, à moins que je me sente à l’aise, proche de la personne.

Cependant, il y a une réelle la différence par rapport à avant. Laquelle ? Eh bien, si je continue de ne répondre qu’aux questions qu’on me pose, j’ai appris à poser les questions en retour. Pour certains c’est naturel, pour moi ça l’est moins, cela requiert un effort de ma part ; un effort tel qu’à la fin de la journée, après avoir engagé la conversation avec des gens que je connais peu, après m’être intéressé à eux, répondu aux questions, je me sens fatiguée, je sens que cela a nécessité de l’énergie de ma part.

Pourquoi je vous parle de tout ça?

L’autre jour, pendant que j’étais dans la file d’attente d’enregistrement pour mon vol, je ne sais plus comment, je me suis retrouvée à discuter avec une retraitée américaine. Je lui posais des questions spontanément sur ce qu’elle avait visité à Paris, je répondais aux siennes. Une dizaine d’heures plus tard, je me retrouvais à discuter dans l’avion avec mon voisin de siège, un bulgare qui a immigré aux Etats-Unis il y a 10 ans. Nous parlions de sa famille, il me recommandait des lieux à visiter...

Lorsque je me suis retrouvée sur mon mur (de Humpty Dumpty) à faire le point sur ma journée, j’ai réalisé une chose : j’ai fait énormément de progrès depuis le temps. Etant donné que c’est une somme de petits progrès qui m’ont menée là, j’ai tendance à oublier d’où je suis partie. Trop souvent il m’arrive de me dire « tu ne vas pas assez vers les autres », « tu devrais faire plus d’efforts », oubliant tous ces petits efforts, justement parce qu’ils sont petits.

Vous n’êtes peut-être pas timide, mais je pense que vous vous reconnaissez dans ce que je décris, sur d’autres aspects de votre personnalité, de votre vie. Je trouve qu’on se montre parfois trop exigeant envers nous-mêmes, maintenant encore plus qu’avant j’ai l’impression, avec les réseaux sociaux, le culte de la perfection. Résultat, notre niveau d’insatisfaction et de frustration est élevé. Pourtant, si on regardait vraiment les choses, on se rendrait compte des progrès qu’on fait. Alors oui, peut-être qu’on y est pas arrivé du premier coup, peut-être qu’on a pris plus de temps que d’autres pour y arriver, et alors...

Il y quelques années, j’ai débuté la danse classique, j’en ai fais pendant 2 ans. Je me sentais extrêmement empotée, je trouvais mes gestes saccadés, je trouvais que je manquais cruellement de grâce. Comme je n’arrivais pas à reproduire les pas tels que la prof nous les montrait, je me sentais nulle et ne voyais donc aucun des progrès que je faisais. Après mes deux ans, avec le départ de la prof, je n’ai pas souhaité me réinscrire et je m’en suis tenu simplement à la barre au sol. Un jour, une prof m’a fait un compliment sur mon port de bras et mes postures. J’étais tellement contente. En fait, tout ça n’était que le fruit des 2 années que j’avais faites, mais c’était tellement peu par rapport à mes objectifs initiaux que je ne m’étais même pas rendu compte de la souplesse que j’avais acquise, des mouvements qui au début me semblaient si difficiles et qui étaient devenus à ma portée...

Je vous le dis, les petits pas, ça compte, ne les ignorons plus. N’oublions plus que les petits ruisseaux font les grandes rivières.

Hier j’étais timide, aujourd’hui je suis réservée, et demain, qui sait, il y aura d’autres évolutions.

Alors, la prochaine fois que vous ferez un petit effort, ne le minimisez plus. Notez-le mentalement (ou dans un journal). En période de doute, repensez à ces petits pas, ces petites victoires passées.

#lespetitspascomptent,#lespetitesvictoires,#lespetitsruisseauxfontlesgrandesrivieres


Commentaires


Logo Les Chroniques du Nid

© 2018 The Nest. Créé avec Wix.com

bottom of page